Virginie Fonquergne
Maître Artisan Tapissière d'Ameublement
Formatrice
Réalisation d'une garniture

Après avoir enlevé les clous dorés un à un, on peut débarrasser le fauteuil de son vieux tissu. Après avoir retiré les semences souvent rouillées, on peut enlever la garniture, les ressorts et les sangles.



En bref, après avoir respiré de la poussière pendant des heures, recollé les assemblages qui tremblaient, traité le bois quand il en a besoin, et ciré le fauteuil dans les moindres recoins,

 on peut commencer la réfection de la garniture.

Tout d'abord, on fait le 
SANGLAGE qui consiste à poser des sangles de jute que l'on croise entre elles et que l'on tend afin de rendre l'ensemble solide.  Se sont ces sangles qui porteront la garniture et qui supporteront le poids des personnes. Sur ces sangles, on coud des ressorts afin de donner plus de souplesse et de confort à la garniture.

Sur certains fauteuils modernes, on peut remplacer les sangles et les ressorts par des sangles élastiques en latex qui apportent solidité et souplesse à elles seules.



Petit cours d'histoire :  c'est un allemand qui a crée les premiers ressorts en 1825.

Ensuite, on fait le GUINDAGE. Cela consiste à nouer les ressorts entre eux à l'aide de cordes de chanvre. Le guindage permet d'abaisser les ressorts à la hauteur désirée et de les maintenir dans la position nécessaire à leur bon fonctionnement et sans possibilité de déformation à l'usage.



On place sur le guindage une
TOILE FORTE (toile de jute) qui sert à soutenir le crin et à l'isoler des ressorts. Sur cette toile, on pose des lacets qui seront exécutés avec de la ficelle à piquer. C'est une opération qui doit se faire dans les règles de l'art car une mauvaise répartition entraînerait un mauvais résultat final.



La 
MISE EN CRIN consiste à placer une poignée de crin dans chaque lacet. Il faut déterminer à l'avance la hauteur de garniture à obtenir pour pouvoir mettre dans chaque lacet la quantité de crin nécessaire. Le crin végétal est issu de feuilles de palmiers.



Après la mise en crin, on fait 
L'EMBALLAGE.
Cette opération consiste à envelopper le crin avec une toile claire appelée aussi toile d'embourrure (toile de jute) et à  donner une première forme à la garniture.  

Vient ensuite
LE POINT DE FOND qui a pour but de maintenir et de régler le volume de crin entre la toile forte et la toile claire.



LE RABATTAGE c'est l'action de clouer définitivement la toile claire en prenant soin de vérifier la hauteur de la garniture et son aplomb.
 
Petit cours technique : les pointes que le tapissier utilise s'appellent de semences et il ne les pose pas avec un marteau mais avec un ramponneau.



LE PIQUAGE a pour but de donner à la garniture sa forme définitive et d'en assurer sa solidité. Des lacets sans ampleur sont réalisés afin de recevoir l'étape suivante.



L'étape suivante est 
LA PIQÛRE DE CRIN ANIMAL. C'est grâce à ça que l'on ne sent plus les creux et les bosses dus au piquage. Le crin animal est du crin de cheval.



LA MISE EN BLANC est la dernière étape avant la couverture. La tension de la toile blanche doit être assez forte et régulière pour amener la piqûre de crin animal au volume désiré.